L'obésité et ses complications

 

La chirurgie de l’obésité s’adresse à l’obésité sévère. Elle nécessite des équipes entrainées, un environnement adapté, une approche pluri-disciplinaire.

Son efficacité est tout à fait remarquable pour restaurer une espérance de vie normale, faire reculer ou disparaître les maladies associées ou de les empêcher d’apparaître.

Le diabète, l’apnée du sommeil, les problèmes de fertilité par exemple font dorénavant appel à cette solution de chirurgie dite bariatrique.

La coelioscopie a révolutionné cette chirurgie en minimisant la question de la paroi abdominale. 

L’approche doit être pluri-disciplinaire aussi bien à la phase pré opératoire qu’après.

Un bon suivi post opératoire est indispensable pour prévenir les complications et optimiser les résultats.

 

INTRODUCTION 

La chirurgie de l’obésité est devenue une solution efficace et durable pour l’obésité morbide (index de masse corporelle sup. ou égal à40), sous réserve de bonnes indications et d’un suivi post opératoire.

L’Etude SOS « swedish obeses subjects » (2) dès la fin des années 80, en a montré l’intérêt par rapport aux méthodes non chirurgicales.

Les échecs des différents traitements (diététiques, comportementaux et activité physique) font que la chirurgie est la seule technique véritablement efficace (80-85%) à long terme de l’obésité massive. 

La France se situe à un taux d’obésité de 17% selon les enquêtes « Obépi »(1) qui analysent depuis 1997, tous les 3 ans, la prévalence et l’évolution de l’obésité par régions. On note un gradient géographique croissant du sud au nord (maximal à 21,5% dans la région Nord Pas-de-Calais), et de l’Ouest à l’Est.

Toutes les couches sociales sont atteintes, surtout les plus défavorisées qui sont moins réactives aux campagnes de sensibilisation.

Actuellement la croissance du poids, de l’index de masse corporelle et du tour de taille (TT) se poursuivent (TT+ 5cm, poids+3,6kg en 15 ans), il y a 3,3 millions d’obèses en plus.

L’Obésité sévère est passée de 0,3% à 1,2% de la population.

Cependant le rythme de croissance diminue, une prise de conscience et une volonté politique comme le « Plan National Nutrition Santé » (PNNS 2) essaient de s’opposer à une offre alimentaire sur-abondante et à la sédentarité.

L’Obésité et ses comorbidités sont un véritable problème de santé publique et 55 000 décès par an lui sont imputés.
 

HISTORIQUE

La chirurgie de l’Obésité est restée confidentielle à ses débuts.

- En 1952 : résections intestinales (Henriksson)

- Années 60 : dérivations intestinales jéjuno-iléales (Payne)

- 1966 à 1979 : interventions de court circuit gastro-intestinal : « gastric bypass » (Mason), Roux-en-Y, dérivation bilio-pancréatique (Scopinaro) et « Duodenal switch » (Hess et Marceau).

- Début des années 80 : premières opérations par anneau, (Kuzmak).

- Années 90 : révolution de la chirurgie bariatrique grâce à la cœlioscopie.

Développement de l’anneau en Europe qui devient coelioscopique puis ajustable (Belachew, Cadière). Gagner développe la Sleeve qui connait, au début des années 2000, un fort développement.

- Années 2000 : agrément de l’anneau aux USA, développement du bypass en Europe.

- En 2011, 39000 interventions sont réalisées en France : anneau, sleeve et bypass principalement.
 

DÉFINITIONS 

Oublions le BMI (body mass index) et parlons plutôt de l’index de masse corporelle = IMC, qui fut inventé par Quételet (1796-1874).

 
IMC = poids (en kg) / ( taille x taille )
 
Surpoids = IMC supérieur à 25
Obésité simple = supérieur à 30
Obésité importante = supérieur à 35
Obésité morbide = au dessus de 40.

Exemples :

1m58, 100kg, IMC=40

1m70, 116kg, IMC=40

1m80, 130kg, IMC=40

 
En 1997, l’OMS définit l’Obésité Morbide comme une maladie qui réduit l’espérance de vie et altère la qualité de vie (IMC supérieur ou égal à 40). On parle parfois de super Obésité pour des IMC supérieurs à 50 ou 60.
 

CONSÉQUENCES DE L’OBESITE 

Il est généralement admis que l’espérance de vie est réduite de 20 ans en moyenne.

Plus de 70 maladies (comorbidités) sont provoquées par l’obésité, associées ou augmentées en incidence, parmi elles : diabète, hypertension artérielle (HTA), syndrome d’apnée du sommeil (SAS), stéatose hépatique, maladie coronarienne, accident vasculaire cérébral (AVC), dysfonctionnement ovarien (fertilité), reflux gastro-oesophagien, lithiase vésiculaire, diverticulose, problèmes dermatologiques, psychologiques (dépression).

L’incidence des cancers est augmentée de 60% chez les patients en obésité morbide (sein, utérus, ovaire, colon, prostate, voies biliaires). 

La qualité de vie est généralement altérée, le taux de chômage augmente et il y a une perte de l’estime de soi, de la sociabilité ainsi que des problèmes d’accessibilité ou d’exclusion (avion, places de spectacle…)